ALEXANDRE ASTRUC ET LA CAMÉRA-STYLO

 Importance de l'idée de "caméra-stylo" pour le cinéma français

  • Alexandre Astruc était un critique de cinéma, un romancier et un réalisateur (sans très grand succès) né en 1923.
  • Son article de 1948 qui s'intitule "Naissance d'une nouvelle avant-garde: la caméra-stylo" est vu pour beaucoup de critiques et historiens comme une des premières tentatives pour définir le cinéma d'auteur (c'est-à-dire que le réalisateur est aussi le scénariste et le metteur en scène.) 
  • Pour cette raison, beaucoup de réalisateurs du cinéma de la Nouvelle Vague vont s'inspirer de l'héritage théorique d'Astruc et développer un véritable cinéma d'auteur, personnel et vivant.
  • Son article est aussi prophétique et amuse le lecteur d'aujourd'hui puisque Astruc y prédisait que "le jour n'est pas loin où chacun aura chez lui des appareils de projection et ira louer chez le libraire du coin des films écrits sur n'importe quel sujet (...)."
  • De plus, cet article insiste sur le parallèle entre roman et film, entre mots et images et donc entre romanciers et réalisateurs. Un trait essentiel qui sera aussi développé avec la Nouvelle Vague par l'insertion dans de nombreux films de mots ou de citations.

VIDÉO Nº1: Alexandre Astruc parle de son travail de critique et de réalisateur (date inconnue).



Transcription
"Les articles de critique, c'est la même chose que les films que l'on fait. Pour moi, c'est absolument fondamental. Je veux dire que quand j'ai fait des critiques de cinéma, je projetais dans ces critiques les films que j'avais envie de faire. 
Et quand j'ai lancé ce mot "caméra-stylo", pour moi, c'était une opposition au ciné-oeil de Dziga Vertof (cliquez ICI pour lire son manifeste de 1923) . Je voulais dire qu'il n'y avait aucun domaine métaphysique, psychologique, etcetera, qui échappait au cinéma.
Mon but était de faire des films, mais de faire des films directement comme réalisateur. Quand j'ai fait "Le rideau cramoisi", j'ai cherché systématiquement des nouvelles (short stories) qui pouvaient être mises en scènes avec peu de moyens. J'ai trouvé "Le rideau cramoisi" où il y avait le silence, deux personnages et il y a un autre personnage qui est le déroulement du temps. C'est ça que j'avais envie de prendre au piège. Je veux dire que "Le rideau cramoisi", pour moi, c'est un moyen...
(Extrait du "Rideau cramoisi")
...C'est un moyen de faire un film comme j'avais envie d'en faire. C'est un support. On ne peut pas différentier quelqu'un qui fait un premier film d'après ses souvenirs d'enfance, ce qui est également un support, ou quelqu'un qui fait un premier film d'après un matériel qu'il a détourné de son propre cours pour en faire le premier film qu'il avait envie de faire." 


"Naissance d'une nouvelle avant-garde: la caméra-stylo"
L'Écran Français, nº144, 30 mars 1948.

Cliquez ICI pour lire dans son intégralité l'article d'Alexandre Astruc.

EXTRAIT Nº1: 
"Nous risquons de devenir aveugles..."





EXTRAIT Nº2: 
"Le cinéma devient peu à peu un langage"



EXTRAIT Nº3: 
"Le cinéma jusqu'ici n'a été qu'un spectacle."



EXTRAIT Nº4: 
"L'auteur écrit avec sa caméra comme l'écrivain écrit avec un stylo."